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Dépollution : innover pour dégrader les PFAS
Devant un renforcement de la règlementation liée à ces « polluants éternels » présents dans de nombreux procédés industriels — les équipes du laboratoire Ortec-Soléo de Meyzieu ont intensifié leurs travaux de R&D. Résultat : dépôt d’un brevet autour d’une méthode de dégradation de ces molécules par thermolyse catalysée basse température, moins émettrice de CO2 et dont les performances dépassent celles déployées jusque-là.
PFAS : des usages multiples, une dégradation complexe
Les PFAS (pour Per- et Polyfluoroalkylées Substances) regroupent plusieurs milliers de composés chimiques. Ils sont principalement caractérisés par la présence d’au moins une liaison carbone-fluor, particulièrement stable et solide, offrant une forte résistance chimique et aux températures élevées. Leur structure leurs donne un caractère à la fois hydrophile (tête acide) et hydrofuge/ lipophile (queue C-F). Ces propriétés, utiles et recherchées dans de nombreux secteurs, ont conduit à leur utilisation massive depuis les années 1950 :
- Mousses anti-incendie,
- Revêtements antiadhésifs (ustensiles de cuisine, textiles),
- Emballages alimentaires,
- Textiles imperméables,
- Produits électrotechniques et cosmétiques.
Cependant, c’est cette même stabilité chimique qui pose aujourd’hui de sérieuses problématiques, rendant leur élimination et leur dégradation dans l’environnement particulièrement difficiles.
Un défi pour les propriétaires de foncier impacté
Leur persistance, c’est à dire la lenteur avec laquelle ils se dégradent, et leur présence dans nombre de nos objets du quotidien, ont conduit à une large propagation des PFAS dans l’environnement (eau, sols, sédiments, organismes vivants), s’accumulant aussi dans le corps humain. Une étude de décembre 2024 de l’Agence européenne pour l’environnement estime en effet qu’entre 51 % et 60 % des cours d’eau européens ont dépassé, de 2018 à 2022, des seuils de qualité environnementale pour certains PFAS. La forte stabilité chimique des PFAS, ainsi que leur propagation en milieux naturels et la médiatisation autour de ce phénomène, sont autant de défis qui se dressent devant les propriétaires de foncier.
Dépollution des PFAS : état des lieux
Expert en dépollution, Ortec-Soléo est régulièrement sollicité par ses clients confrontés à ces enjeux, notamment dans le cadre de chantiers de réhabilitations de sites où ces molécules doivent être détruites. Jusqu’à présent, diverses techniques étaient appliquées par nos équipes : pompage et traitement sur charbons / résines ; extraction bullage/moussage ; lavage ; stabilisation ; désorption thermique.
Des procédés capables d’extraire les PFAS mais pour certains assez coûteux, énergivores et longs car nécessitant de fortes montées en température. Les solutions destructives (avec réelle dégradation des PFAS) ne sont pas mises en œuvre car beaucoup trop énergivores et coûteuses (incinération > 900°C, sonolyse, oxydation supercritique…).



Une innovation brevetée : la thermolyse catalysée à basse température
Une démarche R&D ambitieuse conduite au sein du laboratoire Ortec-Soléo de Meyzieu a récemment débouché sur le dépôt d’un brevet sur une nouvelle méthode de gestion, dégradation et traitement (in situ et on site) des PFAS basse température (250 °C) : la thermolyse catalysée. Cette innovation permet, par rapport à la désorption thermique, d’atteindre la dégradation des molécules PFAS (avec libération de fluorures).
En effet, outre le pompage et la filtration, la thermolyse catalysée attaque et dégrade les PFAS, en rompant par la chaleur et à l’aide d’un réactif, leur liaison carbone–fluor (C–F), motif de leur persistance. La dégradation observée dès 250 °C améliore le bilan carbone des opérations et diminue la durée des interventions.
Une solution
Grâce à son réseau d’agences, son laboratoire et ses centres de traitement, le Groupe Ortec assure la dépollution de terres et eaux souterraines (Ortec-Soléo) ainsi que la gestion des terres en plateformes (Valorterre, Biogénie). Autant d’infrastructures permettant de garantir la gestion de cet enjeu majeur sur l’ensemble du processus.
Sur les plateformes Valorterre et Biogénie, les matières impactées aux PFAS (jusqu’à 50 mg/kg) seront triées et regroupées pour une prise en charge sécurisée et de proximité, avant orientation vers les filières d’élimination les plus performantes ou traitement sur place.
Lors du dernier salon Pollutec, Ortec-Soléo a présenté cette innovation à des industriels porteurs de fortes attentes en la matière dans la mesure où la réglementation devrait évoluer en 2026 (lire l’encadré ci-après).
Une règlementation en évolution
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Au tournant des années 2000, des premières études ont conclu à la présence généralisée de certains types de PFAS dans l’environnement et le sang. Depuis, la règlementation n’a cessé de se durcir, jusqu’à aboutir en 2023 à une proposition de restriction européenne massive sur tous les PFAS.
La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 propose un cadre autour de la gestion des PFAS en France. Le seuil réglementaire fixé pour la somme de 20 PFAS « préoccupants » est de 0,1 µg/L.
Au 1ᵉʳ janvier 2026 : interdiction de fabriquer, importer, exporter, mettre sur le marché les produits contenant des PFAS : cosmétiques, fart de ski, vêtements et chaussures (ainsi que leurs imperméabilisants), sauf exceptions pour les vêtements / chaussures de protection (militaires, pompiers, etc.).
Au 1ᵉʳ janvier 2030 : cette interdiction s’étend à tous les textiles contenant des PFAS (textiles d’ameublement, etc.), sauf exceptions — les textiles techniques à usage industriel feront l’objet d’un décret listant les exemptions.
Des sanctions administratives sont prévues en cas de non-respect.
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